Nous avons vu dans les derniers numéros de Nerf & Muscle, à travers les mises au
point sur la maladie d’Hirayama et les périneuriomes, l’importance de l’analyse
clinique et de la connaissance historique des concepts avant de se lancer dans
la moindre exploration complémentaire.
Dans ce numéro, P. Bouche revient sur un syndrome classique, a priori très bien connu
de l’ensemble des neurologues, le défilé thoracobrachial neurologique. Mais nous avons
encore, de temps en temps, l’expérience de patientes qui ont erré dans la recherche
diagnostique, multiplié les IRM, se sont fait opérer sans succès d’un canal carpien ou, pire,
du rachis cervical. Le diagnostic est là, devant nous, dans les symptômes rapportés par
la patiente (par exemple, paralysie très nette au froid ou “signe du congélateur”), dans
les signes cliniques (une atteinte de la main en C8 mais prédominante sur un versant,
plus ulnaire ou plus médian), ou grâce à un simple test clinique (l’effleurement de la face
interne de l’avant-bras est moins bien perçu, alors que la patiente ne se plaint d’aucune
douleur ou d'insensibilité). Il existe ainsi une série de symptômes, signes, tests cliniques
très simples et peu “chronophages” qui, à l’image d’une boîte à outils de premier secours,
nous permettent d’évoquer plusieurs atteintes neuromusculaires particulières.
T. Maisonobe
»» Début unilatéral insidieux, longtemps bien toléré
»» Amyotrophie thénarienne caractéristique
»» Déficit sensitif le plus souvent modéré, parfois absent
»» Examen ENMG indispensable
»» Atteinte de type plexique C8-D1
»» Étude du potentiel sensitif du nerf cutané médial de l’avant-bras
»» Radiographie simple cervicale à demander
»» Côte cervicale ou apophysomégalie C7 constantes
P. Bouche, T. Maisonobe
Le syndrome scapulopéronier correspond à un phénotype clinique associant un déficit moteur des muscles
de la loge antéro-externe de la jambe et des muscles de la ceinture scapulaire. Parmi ces syndromes
scapulopéroniers,
sont classées la myopathie facio-scapulo-humérale, des myopathies héréditaires plus rares
associant pour certaines d’entre elles une cardiopathie et/ou des troubles du rythme cardiaque, certaines
formes d’amyotrophies spinales et, plus exceptionnellement, des neuropathies sensitivomotrices héréditaires.
T. Stojkovic, R. Ben Yaou
Statines et muscle, ce n’est pas fini…
La polyneuropathie du syndrome POEMS :
de l’aigu au chronique
Les premiers cas français publiés de neuronopathie
sensitivomotrice à début facial
Dirigée par le Pr P. Bouche
Le diagnostic de sclérose latérale amyotrophique (SLA) est
défini par l’association de signes de dégénérescence du
neurone moteur périphérique (NMP) et du neurone moteur
central (NMC) et par leur extension progressive à d’autres
régions du corps, en l’absence d’autres pathologies permettant
d’expliquer ces symptômes. L'électroneuromyographie (ENMG)
− par la détection des signes de dégénérescence du NMP dans
des territoires cliniquement non affectés − joue un rôle essentiel
dans la mise en évidence de la diffusion du phénomène dégénératif
périphérique. Les critères d’El Escorial révisés à Airlie House
permettent de définir 4 degrés de certitude diagnostique : SLA
définie, SLA probable, SLA probable étayée par des examens
paracliniques (dont l’ENMG) ou SLA possible (figure 1). Ces
critères robustes, adaptés aux protocoles thérapeutiques, posent
un problème de sensibilité puisque près de 25 % des patients ne
remplissent pas les critères de SLA définie au moment de leur
décès (1). Afin de tenter d’améliorer la précocité et le degré de
certitude diagnostique, de nouveaux critères ont été proposés
à Awaji, à l’initiative de l’International Federation of Clinical
Neurophysiology (2).
P. Cintas
Commencer par l’étude des potentiels sensitifs
Pourquoi ?
Parce que dans la grande majorité des cas, les symptômes initiaux
sont sensitifs et les troubles moteurs apparaissent plus tardivement.
Bien faire l'étude sur les 2 mains.
Deux techniques sont possibles : ortho- ou antidromique.
J’utilise plus volontiers la voie orthodromique qui consiste en une
stimulation par électrodes annulaires du premier au quatrième
doigt versant médian (recueil au poignet par électrodes de surface)
[figure 1], puis en une étude systématique du potentiel sensitif
du nerf ulnaire par stimulation du cinquième doigt et recueil au
poignet versant ulnaire.
P. Bouche
Monsieur A., âgé de 60 ans, consulte pour des douleurs neuropathiques
intolérables affectant les mains et les membres
inférieurs. Ces douleurs évoluent depuis 5 ans et sont à l’origine
d’un syndrome dépressif grave avec des velléités suicidaires. Le
patient décrit 2 types de douleurs. Le premier type se caractérise
par un fond douloureux permanent (EVA évaluée à 3-4) avec
une sensation d’étau dans les pieds remontant au tiers distal
de la jambe, associée à une allodynie dynamique le contraignant
à utiliser un arceau au bout de son lit. Le second type se
présente sous la forme de douleurs paroxystiques très intenses
(EVA évaluée à 9) survenant 2 fois par semaine en moyenne.
Il s’agit de brûlures et de décharges électriques affectant les
régions palmo-plantaires, associées à un malaise général avec
des frissons et des sueurs profuses. Ces accès sont volontiers
déclenchés par le froid ou le chaud. L’examen clinique ne retrouve
que très peu d’anomalies. Il existe une très discrète diminution
de la sensibilité épicritique et thermo-algique au niveau des
pieds. Les réflexes achilléens sont diminués. Il n’existe pas de
signe clinique de dysautonomie. L’anamnèse permet de retrouver
la survenue de périodes de crises similaires nettement moins
intenses à l’âge de 8 ans et de 30 ans, spontanément résolutives
en quelques mois.Monsieur A., âgé de 60 ans, consulte pour des douleurs neuropathiques
intolérables affectant les mains et les membres
inférieurs. Ces douleurs évoluent depuis 5 ans et sont à l’origine
d’un syndrome dépressif grave avec des velléités suicidaires. Le
patient décrit 2 types de douleurs. Le premier type se caractérise
par un fond douloureux permanent (EVA évaluée à 3-4) avec
une sensation d’étau dans les pieds remontant au tiers distal
de la jambe, associée à une allodynie dynamique le contraignant
à utiliser un arceau au bout de son lit. Le second type se
présente sous la forme de douleurs paroxystiques très intenses
(EVA évaluée à 9) survenant 2 fois par semaine en moyenne.
P. Cintas
A/-Neuropathie ulnaire au coude sans bloc de conduction moteur.
B/-Neuropathie ulnaire au coude avec bloc de conduction moteur.
F. Wang